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original
dans Solidaire de 27/05/2001
Rédaction de cette page-web: Lieven Soete, Brussels, Belgium Update: 06/12/2002 | 20-02-2008 |
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soviétique
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L'Union
soviétique dans la Deuxième
Guerre mondiale
Partie 4 |
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4.
Le
22 juin 1941, l'impérialisme nazi déclenchait
«L'opération
Barbarossa», la guerre de destruction contre l'Union
soviétique
Lieven Soete
Contenu
Le 22 juin 1941, à 3 heures du matin, 5,5 millions de soldats allemands, italiens, hongrois, roumains et finlandais entament le plat de consistance du programme nazi: la destruction de l'Union soviétique. Sur une ligne de front de plus de 3.000 kilomètres, 2,9 millions de soldats soviétiques défendent leur patrie. Au début, ils doivent se replier mais, devant Moscou et Leningrad, les assaillants sont bloqués et même repoussés. Pour la première fois, il apparaît que ces machines de guerre fascistes peuvent subir des revers. Au cours de l'hiver 1942-43, du côté de Stalingrad, la guerre bascule définitivement. Les soldats soviétiques vont désormais pourchasser les nazis jusque dans leurs repaires, Berlin et Vienne. |
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| Les dates dans cette marge à gauche font un lien vers: «Synchronisch overzicht van de belangrijkste gebeurtenissen binnen de CPSU(b), in de Sovjetunie en in de omringende landen» [en néerlandais] par Lieven Soete | ||||
![]() L'Opération Barbarossa et la guerre antifasciste en Union soviétique »»» Carte |
80%
des pertes allemandes sont le fait de l'Armée rouge et des
partisans
En mars 1938, Hitler annexe l'Autriche.
D'octobre
1938 à mars 1939, il fait pareil avec la Tchécoslovaquie.
En septembre 1939, la Pologne est piétinée et, en mai
1940,
c'est au tour de la Scandinavie et de l'Europe occidentale de subir le
même sort. Ces étapes sont nécessaires pour
atteindre
l'objectif final: rayer le bolchevisme de la carte et de l'histoire,
exterminer
les peuples slaves ou les ramener en esclavage et, pour les peuples
allemands
et 'germaniques', conquérir l'espace vital (le fameux Lebensraum)
nécessaire de façon à coloniser l'Europe de l'Est
jusqu'à l'Oural.
Dans cette guerre barbare, trois piliers
du programme
nazi, l'anticommunisme, l'antislavisme et l'antisémitisme se
résument
à un simple mot d'ordre: à mort! E
Après quelques mois
épouvantables
de repli soviétique, les troupes fascistes sont enfin
arrêtées
devant Leningrad et Moscou. A partir de décembre 1941,
l'Armée
rouge et les partisans peuvent passer à la contre-attaque. Ils
obtiennent
des victoires décisives au printemps 1943 à
proximité
de Stalingrad, dans le Caucase et près de Koursk. Ville
après
ville, rue après rue, l'Armée rouge repousse et
anéantit
les fascistes jusqu'au coeur de Berlin et de Vienne.
L'enjeu, le caractère et l'ampleur
de la
Seconde Guerre nous obligent à nous rappeler qu'il s'agissait en
tout premier lieu d'une guerre de destruction du capitalisme fasciste
contre
l'Union soviétique socialiste. Que le peuple soviétique,
sous la direction des bolcheviks et de Joseph Staline, s'est
taillé
la part du lion dans la libération de l'Europe de la barbarie
fasciste.(1).
Sources: Atlas zur Geschichte, Band 2, Gotha (DDR), 1981 / V. Koulikov, «L'Aide internationaliste accordée aux peuples d'Europe», in Histoire de l'U.R.S.S.: Nouvelles Recherches, n° 4, Moscou, 1985. |
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![]() Le croisade nazi contre le bolchewisme »»» Illustration |
«La
lutte contre le bolchevisme mondial est le but principal de la
politique
allemande» [Goebbels]
Le 31 décembre 1937, le ministère nazi de la Propagande diffuse la directive suivante: «La lutte contre le bolchevisme mondial est le but principal de la politique allemande. La tâche principale de la propagande national-socialiste est de l'expliquer. Pendant les années qui ont suivi l'effondrement en 1918 jusqu'à la prise du pouvoir par le national-socialisme, le communisme dirigé par les juifs était l'ennemi déterminé du mouvement national-socialiste et de la renaissance du peuple allemand. Dans un lutte impitoyable, le national-socialisme a vaincu et écrasé définitivement cet ennemi en Allemagne. Après la prise du pouvoir, le bolchevisme est devenu au niveau mondial l'ennemi mortel du Peuple Allemand. Le combat contre le communisme que nous avons mené en Allemagne jusqu'en 1933, nous devons le mener après 1933 contre le bolchevisme mondial. A la propagande incombe la tâche de montrer au Peuple Allemand que le bolchevisme est son ennemi mortel et de montrer au monde qu'il est l'ennemi de tous les peuples et de toutes les nations et qu'il est dès lors l'ennemi mondial. Heil Hitler!» (1)L'offensive finale contre l'ennemi mortel du nazisme a commencé en 1941 par l'opération Barbarossa. Mais deux années plus tard il y a 50 ans aujourd'hui l'Armée Rouge et les partisans obtiennent à Stalingrad une victoire décisive contre les nazis. Ce fut le tournant de la deuxième guerre mondiale. Le 3 mars 1941, dans le cadre de l'Opération Barbarossa (nom codé de l'attaque contre l'Union soviétique préparée pour le 22 juin 1941), Hitler décrète l'ordre suivant: «Le caractère que présente notre guerre contre la Russie est tel qu'il doit exclure les formes chevaleresques. Il s'agit d'une lutte entre deux idéologies, entre deux conceptions raciales. Il importe donc de la mener avec une rigueur sans précédent et implacable. Tous, vous allez devoir vous libérer de vos scrupules périmés. L'idéologie soviétique est aux antipodes de celle qui régit le national-socialisme. Par conséquent, les Soviets doivent être liquidés. Les soldats allemands coupables de contrevenir aux lois internationales de la guerre seront innocentés.»(2) |
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| «La
défense de la culture européenne contre le
raz-de-marée
asiato-moscovite»
On ramène souvent les atrocités nazies au génocide contre les juifs, déjà suffisamment monstrueux en soi. On cherche à expliquer ces choses à partir des esprits dérangés de quelques gros pontes nazis. Ce faisant, on évite de parler de l'essence même du fascisme et du nazisme: ils étaient des produits et des formes tangibles de l'impérialisme et du principe si encensé du libre marché. Cette loi du plus fort mène au meurtre et, s'il le faut, au massacre. Que le massacre de peuples entiers mis en chantier pour le compte de l'impérialisme n'est pas un excès d'esprits SS malades, nous avons tout le loisir de le voir aujourd'hui en Irak, au Rwanda et au Congo. Durant la guerre à l'Est, le mot
d'ordre
«Tuez-en
le plus possible!» a été activement
défendu
et mis en pratique par à peu près tous les responsables
militaires
et civils 'normaux'. La citation suivante le prouve. Elle vient du général
allemand Hoepner, qui faisait partie de l'opposition antinazie au
sein
de la Wehrmacht. En 1944, il a été pendu en raison de sa
collaboration à l'attentat manqué contre Hitler, le 20
juillet
1944.
«La guerre contre la Russie est un chapitre important dans la lutte pour l'existence de la nation allemande. C'est le vieux combat des peuples germaniques contre les Slaves, la défense de la culture européenne contre le raz-de-marée asiato-moscovite, la lutte pour repousser le bolchevisme juif. L'objectif de cette bataille doit être la destruction de la Russie actuelle et il faut la conduire avec une dureté sans précédent. Toute opération militaire doit être planifiée et exécutée avec une volonté de fer afin d'exterminer totalement et impitoyablement l'ennemi. En particulier aucun partisan du système russo-bolchevique ne doit être épargné.» (2) (2).
Jürgen Förster,
«La campagne de Russie et la radicalisation de la guerre:
stratégie
et assassinats de masse», in La politique nazie
d'extermination,
Paris, 1989, p.180.
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| Pourquoi
les Soviets ont-ils battu les fascistes?
Après Stalingrad, les fascistes allaient se décarcasser pour mitonner toutes sortes d'explications à leur défaite. «Le caractère imprévisible de l'hiver russe» ? comme si en Russie, l'hiver venait à un autre moment qu'ailleurs. «L'exceptionnel et énorme patriotisme des Russes» ? comme si les Français étaient en reste, sur ce plan et que l'Union soviétique, avec ses dizaines de nationalités, n'était pas une mosaïque malaisée. La prétendue «brutalité sans ménagement des dirigeants bolcheviques à l'égard de leur propre peuple» ? vraiment spéciaux, ces dirigeants brutaux qui arment et entraînent le peuple «opprimé» dans des milices populaires Mettons-nous en quête de quelques explications logiques de la victoire soviétique. |
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| 1925
| 1926
1927 | 1928 1929 | 1930 1931 | 1932 1933 | 1934 1935 | 1936 1937 | 1938 1939 |
Pourquoi les Soviets ont-ils battu les fascistes? Au milieu des années 20, les dirigeants soviétiques tiennent déjà sérieusement compte d'une nouvelle guerre mondiale. La première boucherie mondiale, en effet, n'a été que provisoirement suspendue sans avoir été vraiment terminée. Dans l'intervalle, à travers toute l'Europe, des régimes fascistes, particulièrement belliqueux, viennent au pouvoir, à commencer par Mussolini en Italie, le 30 octobre 1922. Dans le Premier Plan quinquennal (1928-1932), la défense de la jeune Union soviétique est une priorité absolue. Le 30 janvier 1933, Hitler accède au pouvoir. Seule l'Union soviétique flaire le réel danger. L'Allemagne va exiger sa place impérialiste dans le monde en usant de violence. L'Union soviétique, en tant qu'ennemie principale de tous les fascistes, va devenir tôt ou tard la cible de ces barbares. En 1935, l'Italie fasciste occupe l'Ethiopie. Les dirigeants soviétiques pensent que les puissances européennes vont désormais se réveiller. Ils proposent un système de sécurité collectif pour l'Europe. En vain. Jusqu'en 1941, l'Union soviétique va prendre des dizaines d'initiatives afin de construire un front de la paix contre les menaces de guerre fascistes. Les puissances capitalistes ne veulent rien entendre et espèrent, ouvertement ou en secret, que les nazis vont prendre l'Union soviétique comme première cible. N'oublions pas que, jusqu'en 1921, la Grande-Bretagne, la France, les USA et le Japon ont eux-mêmes tenté, en vain, de chasser les bolcheviks de la Russie. |
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| 1939 |
Pourquoi
les Soviets ont-ils battu les fascistes?
>b<
Le
pacte Molotov-Ribbentrop a créé les possibilités
de
se préparer plus intensivement
En août 1939, les plans définitifs de Hitler en vue de l'invasion de la Pologne sont connus partout. Staline lance une ultime tentative de constituer avec la France et la Grande-Bretagne un front contre l'Allemagne nazie. Les dirigeants russes savent que la Pologne représente un tremplin vers l'Union soviétique. C'est ce qu'espèrent Britanniques et Français. En septembre 1938, ils ont déjà offert en cadeau la Tchécoslovaquie aux nazis afin qu'ils puissent poursuivre plus facilement leur poussée vers l'Est. De plus, depuis mars 1938, l'Autriche a été annexée, sans protestation, au Reich allemand. Les puissances occidentales refusent toute collaboration, aussi minime soit-elle, avec les bolcheviks. C'est à ce moment que s'offre aux Soviétiques l'occasion de conclure avec Hitler une pause qui leur permettra de respirer: le pacte sovieto-germanique de non-agression signé le 23 août 1939, appelé également pacte Molotov-Ribbentrop. Il ne s'agit pas d'un accord de collaboration ni d'un front, mais d'une sorte d'armistice: les deux pays ne prendront pas les armes l'un contre l'autre. Le 28 août 1939, le Soviet suprême (parlement) de l'Union soviétique se réunit en session extraordinaire. A l'ordre du jour: l'approbation du pacte soviéto-germanique de non-agression ainsi qu'une loi qui introduit le service militaire général. Qui a dit que les Soviétiques s'étaient laissé endormir par le pacte? Staline conclut le pacte tout en étant convaincu qu'une guerre avec l'Allemagne nazie sera inévitable, tôt ou tard. Mais, grâce à ce pacte, il peut arracher un certain nombre de concessions afin de se préparer à la future guerre. Il reçoit encore 21 mois de répit afin d'équiper le pays militairement et économiquement. Le pacte crée donc l'une des conditions de la victoire de l'Armée rouge sur les nazis. Pour plus de détails, voir Lieven Soete, Het Sovjet-Duitse niet-aanvalspact van 23 augustus 1939, EPO, Anvers, 1989. |
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Pourquoi
les Soviets ont-ils battu les fascistes?
>c<
La
force de mobilisation et d'endurance économique
Le facteur matériel
déterminant de
la victoire des Soviétiques sur les fascistes a
été
la force de mobilisation et d'endurance économique. Les mesures
stratégiques prises avant la guerre en ont jeté la base
nécessaire,
décisive: l'industrialisation et ses plans quinquennaux, que
seule
la collectivisation accélérée de l'agriculture a
rendue
possible.
Les prestations incroyables de l'ensemble du peuple soviétique, jusque dans les coins les plus reculés du pays, ont permis la victoire sur le fascisme. Les alliés occidentaux (Etats-Unis et Grande-Bretagne) tardant à ouvrir le «Deuxième Front» promis en Europe de l'Ouest, les Soviétiques se sont bien vite emparés de ce vocable pour désigner leur propre front industriel. |
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| 1937 | 1938 |
Pourquoi les Soviets ont-ils battu les fascistes? Le 26 mai 1937, le maréchal Toukhatchevski est arrêté en même temps qu'un groupe d'officiers supérieurs de l'Armée rouge. Le 12 juillet, on apprend la nouvelle de leur exécution. Ils sont accusés d'un complot, appuyé par l'Allemagne nazie, contre le pouvoir soviétique. Les cercles droitiers et fascistes confirment que semblable complot a bien eu lieu, visant la prise de pouvoir en Union soviétique. Le nom de Toukhatchevski est cité à tout moment.(2) C'est le signal du départ d'une épuration dans toutes les sphères du pouvoir soviétique: l'armée, l'administration de l'Etat, l'économie et le Parti. Toutes les structures sont passées au crible afin de détecter l'infiltration possible d'agents fascistes et de provocateurs, ainsi que la bienveillance ou le laxisme de certains responsables vis-à-vis d'une telle menace. Le résultat est que l'Union soviétique se débarrasse de fond en comble de ce qu'on appelle la «Cinquième colonne»: l'armée ennemie infiltrée. Il nous suffit de considérer le déroulement de la guerre en Belgique ou en France pour comprendre ce qui se serait passé en URSS sans ces épurations. Une partie considérables des militaires et des responsables de l'Etat refusent de combattre contre les fascistes et livrent ouvertement leur pays aux bourreaux, quand ils n'appellent pas ouvertement à la complicité et à la collaboration avec l'ennemi... Nous renvoyons ici aux citations complètes et aux sources de Ludo Martens, Un autre regard sur Staline, EPO, Anvers, 1994, pp 188-204. |
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Pourquoi les Soviets ont-ils battu les fascistes? >e< La supériorité du socialime sur le capitalisme La motivation et l'encadrement
idéologique
et politique par le Parti bolchevique a été
déterminant
pour arracher la victoire sur le fascisme. Depuis le début de la
guerre, le mot d'ordre «les communistes doivent se trouver
sur
la ligne de feu» a également été
appliqué
à la lettre.
Le prestige du Parti croît énormément, au cours de la guerre. En 1943, le Parti compte 2,7 millions de membres et il y en a presque autant dans la section des jeunes du Komsomol, actif dans les forces de combat. En février 1946, J. Staline établit le bilan de la guerre. «La guerre a été une sorte d'examen pour notre régime soviétique, pour notre Etat, notre gouvernement, pour notre Parti communiste. Le socialisme a triomphé; ce système a traversé avec succès l'épreuve du feu et montré sa véritable force. Aujourd'hui, il est prouvé que le socialisme a plus de force vitale et de vigueur que les régimes sociaux qui n'ont pas été construits selon le système des soviets; qu'il est meilleur que n'importe quel système non soviétique.» (1) (1).
J.Staline, Oeuvres,
Tome XVI, Paris, 1975, blz. 190-197
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| 1927 | Plans
quinquennaux et préparatifs de guerre
Le 19 décembre 1927, la résolution du XVe Congrès du PCUS avance: «Dans l'élaboration du Plan quinquennal, il convient d'envisager la possibilité d'une agression armée des puissances capitalistes contre l'Etat prolétarien. En particulier, il faut veiller à ce que chaque branche de l'économie, et surtout de l'industrie, qui joue un rôle crucial dans la sécurité, la défense et la stabilité économique du pays, se développe le plus rapidement possible.»L'historien allemand M. Von Bötticher relève que «jusqu'à la fin des années 20, la stratégie de base pour la défense de l'Union soviétique était d'assurer la liaison entre le front et l'arrière du pays. Pas de réserves et d'efforts militaires directs de grande envergure, mais bien bâtir l'économie de façon telle qu'elle puisse être rapidement transformée en économie de guerre. Ç'avait été une leçon importante de la Première Guerre mondiale. Au début du Premier Plan quinquennal, c'est également cette idée qui prédomine. A partir de 1930, une nouvelle stratégie militaire commence à prévaloir: la nécessité d'être prêt avec une quantité suffisamment importante d'unités blindées mobiles, moderne, ainsi qu'une puissante force aérienne. Cela entraîna la nécessité de mettre davantage encore l'accent sur l'industrie lourde durant la phase d'industrialisation.» Stalinismus.
Probleme
der Sowjetgesellschaft zwischen Kollektivierung und Weltkrieg,
Frankfurt,
1982, p.127.
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| 1940 | 1941 | Des
chars au lieu de tracteurs
A.P. Linkov est ingénieur et travaille dans un bureau d'étude pour tracteurs. «En 1940, notre institut a reçu pour mission d'étudier des chars au lieu de tracteurs. Au printemps 1941, en compagnie de mes collègues, j'ai présenté un projet qui s'est avéré du goût des généraux. On m'a envoyé à Tcheliabinsk, dans l'Oural, où l'on a transformé une usine de tracteurs en unité de production de chars. Fin 1941, le premier de ces chars sortait de l'usine.» Interview
réalisée
par Laura Starink dans le NRC-Handelsblad du 23 décembre
1989
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| 1930
1941 |
Dimitri
Chostakovitch et les milices populaires
En 1930, apparaissent les milices
populaires --
les Osoaviakhim. Des clubs de sports et de loisirs organisent
toutes
sortes d'activités: lutte contre les incendies, liaisons radio,
réparation d'avions et de moteurs, parachutisme, combat à
la baïonnette, lancement de grenades Ces clubs deviennent les
milices
populaires. Ils sont financés par une loterie nationale. Chaque
famille a au moins un de ses membres dans l'une ou l'autre section de
ces
clubs.
Carter
Dyson, L'Armée
secrète de la Russie, 1945, p.110
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| 1931
1942 |
«Les
Tchabaroviakssont
là!»
En 1931, lorsque le fascisme japonais envahit la Mandchourie (Chine), c'est le début de la guerre aux lointaines frontières orientales de l'Union soviétique. Les Japonais n'en seront définitivement chassés qu'en août 1945. A la frontière, on construit un rideau défensif consistant en fortifications militaires qui sont également des fermes. Les soldats y séjournent avec toute leur famille et se chargent eux-mêmes de leur nourriture. Nous sommes au beau milieu de la grande campagne de collectivisation de l'agriculture. En 1936, le corps des kolkhozes compte déjà 60.000 hommes d'active et 50.000 réservistes, soit 10 divisions. Lorsque, dès 1942, ces troupes seront engagées sur le front occidental, entre autres à Stalingrad, elles sèmeront la panique chez les nazis. Le cri de «Les Tchabaroviaks sont là!» -- le surnom donné par les Allemands à ces troupes de kolkhoziens -- suffit souvent, dans les rangs allemands, à faire sonner la retraite. Témoignage de l'auteur allemand pronazi Paul Carell dans son ouvrage Opération Barberousse. La marche sur la Russie, 1963, pp.186-187. |
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| Est-ce
qu'il y a des révélations importantes après
l'implosion
du système soviétique?
Lorsque le socialisme a implosé, en Union soviétique, des historiens ont avidement spéculé sur le fait qu'on allait enfin savoir «toute la vérité» sur le communisme et surtout sur Staline. Les archives interdites allaient être accessibles et révéler des monceaux d'horreurs. Il y a dix ans de cela. Et jusqu'à présent, on n'a encore rien découvert de vraiment nouveau. Naturellement, on est en possession de nouveaux matériaux historiques, mais qui ne font que renforcer la crédibilité de Staline et des bolcheviks à propos de l'histoire de l'Union soviétique et de la Seconde Guerre mondiale. C'est peut-être bien pour cette raison que l'idéologie fasciste concernant la Seconde Guerre gagne aussi vite du terrain. «Pour convaincre, point n'est besoin de prouver. Mentez, mentez encore et toujours et il en restera toujours bien quelque chose», disait Goebbels, diplômé en psychologie, en sociologie et en philosophie et chef de la propagande sous les nazis. L'un des mensonges les plus coriaces prétend que Staline et les dirigeants soviétiques avaient été très surpris de l'attaque des nazis le 22 juin 1941 et qu'il avait fallu attendre de longues journées avant qu'une réaction organisée se déclenche. Que, durant ces précieuses heures, l'Armée rouge avait été livrée à son sort alors qu'il était impossible de toucher Staline, ivre mort dans sa propriété campagnarde. Nikita Khrouchtchev en personne a contribué à valider ce mensonge de légende dans son fameux rapport contre Staline, en 1956. Une nouvelle source réfute ces faits pour la tantième fois. |
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| 1941 | Georgi
Dimitrov sur Staline
L'an dernier, le tome 1 du journal de Georgi Dimitrov-- couvrant la période de 1933 à 1943 -- a été publié pour la première fois. Jusqu'en 1989, l'ouvrage était demeuré sous scellés dans les archives du Parti Communiste de Bulgarie à Sofia. Il est particulièrement intéressant parce que Dimitrov était le dirigeant à Moscou du Komintern, l'Internationale communiste. Sa tâche consistait donc à entretenir les contacts avec les dirigeants des partis communistes du monde entier. Dans ses notes, on se rend compte également de l'ampleur des problèmes quand il s'agissait de mettre l'ensemble des partis communistes sur une seule et même ligne. C'était certainement le cas quand il s'agissait de situations pouvant évoluer très rapidement, comme le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. Voici, in extenso, la page tirée
de son
journal du
«Ils nous ont attaqués, sans poser la moindre condition, sans la moindre négociation, ils nous ont lâchement attaqués, comme des pirates. Après l'attaque, après le bombardement de Kiev, Sebastopol, Sjitomir et d'autres villes, Schulenburg est venu expliquer que l'Allemagne s'était sentie menacée par la concentration de troupes soviétiques à sa frontière orientale et qu'elle avait pris des mesures. Les Finlandais et les Roumains appuient les Allemands. Désormais, la Bulgarie prend à coeur les intérêts de l'Allemagne en URSS.»- Seuls les communistes peuvent battre les fascistes - Ce qui surprend, c'est le calme, la détermination et la grande confiance en soi de Staline et de tous les autres. - On rédige la déclaration gouvernementale que Molotov va lire à la radio. - On distribue des ordres à l'armée et à la marine. - On prend des mesures concernant la mobilisation et la situation de guerre. - On prépare un séjour secret pour le Comité Central et les états-majors. - «Les diplomates, dit Staline, doivent quitter Moscou et être transférés en un autre endroit, à Kazan, par exemple. -- Ici, ils peuvent espionner.» - On discute de notre travail. Au
début,
le Komintern n'interviendra pas ouvertement. - Les partis locaux
élaborent
un mouvement afin de soutenir l'URSS. La question de la
révolution
socialiste n'est pas à l'ordre du jour. Le peuple
soviétique
mène une guerre patriotique contre l'Allemagne fasciste. Il
s'agit
de vaincre le fascisme qui tient en esclavage une série de
peuples
et qui entend également soumettre d'autres peuples
.Georgi Dimitrov (1882-1949): communiste bulgare. Arrêté par les nazis, à Berlin, le 9 mars 1933 sur l'accusation d'avoir incendié le Reichstag (le siège du parlement). Après un procès à Leipzig, suivi par le monde entier, Dimitrov est acquitté. En 1934, il émigre en Union soviétique. Le 6 novembre 1945, il retourne en Bulgarie libérée et devient chef du gouvernement. Il meurt le 2 juillet 1949 dans un sanatorium près de Moscou. .A. N. Poskrebitchev (1891-1965): dès 1919, il travaille à la Sûreté de l'Etat; membre du CC (Comité Central) du PCUS (Parti Communiste de l'Union Soviétique) (1). Georgi Dimitroff, Tagebücher 1933-1943, Berlin, 2000, pp 392-393. |
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| Je
m'appelle Zinaïda Tsarjowa
«Lorsque la guerre a
éclaté,
j'avais huit ans. Dans notre village de Zavozerje, dans la
région
de Smolensk, il y avait une importante garnison d'Allemands. Ils
s'étaient
installés dans le plus grand b,timent du village. Mon
frère
et son copain ont mis le feu au bâtiment. Il y a eu une
énorme
panique parmi les Allemands lorsque les flammes se sont emparées
du bâtiment. Beaucoup sont morts. Ils étaient furieux, ces
Hitlériens, et voulaient se venger. Le copain de mon
frère
a été abattu sur place. Mais mon frère a
réussi
à se cacher dans les roseaux du lac. Il s'appelait Piotr, il
avait
14 ans.
Extrait de Ludo van ECK, Met hun eigen ogen. Gesprekken met Sowjet-burgers die als kind de oorlog beleefden in Wit-Rusland, Leningrad, Stalingrad, Moskou (De leurs propres yeux. Entretiens avec des civils soviétiques qui, enfants, ont vécu la guerre en Biélorussie, à Leningrad, Stalingrad, Moscou), Louvain, 1990, pp 60-63. |
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