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L'Union
soviétique dans la Deuxième
Guerre mondiale
Partie
1 |
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1.Le
pacte de non-agression entre l'Union soviétique et l'Allemagne
nazie
du 23 août 1939 | Un répit indispensable pour l'URSS
Contenu
L'histoire
commence avec la fin de la première guerre mondiale
La
politique
de paix de l'Union soviétique
Munich
1938 | La France et la Grande-Bretagne apaisent Hitler avec la
Tchécoslovaquie
Sabotage
français et britannique de politique de paix soviétique
En
1939, la
Grande-Bretagne offre le Congo en cadeau à Hitler
1939>1941:
Préparations militaires intensives en URSS
Le
Pacte
était la seule solution pour les Soviétiques
Rares sont les faits historiques qui ont
donné
lieu à autant de commentaires anticommunistes hystériques
que le pacte de non-agression, conclu le 23 août 1939 entre
l'Allemagne
nazie et l'Union soviétique. Mais ces commentateurs ont pris pas
mal de libertés avec la vérité historique. C'est
en
tout cas ce qui ressort d'un livre que viennent de publier les
éditions
EPO (1).
L'auteur, Lieven Soete,
reconstitue,
morceau par morceau, l'histoire diplomatique de l'entre-deux guerres et
montre comment les impérialistes français et britanniques
ont tenté d'exclure l'Union soviétique de la
communauté
internationale et ont poussé Hitler à assouvir sa soif de
conquêtes en direction de l'Est. Le livre retrace tous les
événements
importants qui ont finalement abouti à la signature du pacte. Il
rend possible une analyse objective et une réponse à ceux
qui parlent du "pacte monstrueux". |
Les
dates dans cette marge à gauche font un lien vers:
«Synchronisch
overzicht van de belangrijkste gebeurtenissen binnen de CPSU(b), in de
Sovjetunie en in de omringende landen» [en
néerlandais]
par Lieven Soete |
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1919
| 1920
1921

L'occupation allemande en
Russie
pendant la Première Guerre mondiale
»»»
Carte
Voir Ludo
Martens
dans
«Etudes Marxistes» n° 30 | 1996 «La
Première
Guerre mondiale, la révolution d'Octobre et les socialistes
belges»
»»»
Texte
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L'histoire
commence avec la fin de la première guerre mondiale
Celle-ci est en effet, à de
nombreux égards,
la cause directe de pas mal d'événements avant et pendant
la deuxième guerre. L'Allemagne avait perdu ses colonies et
avait
été reléguée à un rôle de
puissance
de second rang. La montée du nazisme exprimait la volonté
de la bourgeoisie allemande de reconquérir sa place sur le
marché
mondial.
Mais le première
guerre
se termina aussi avec la Révolution d'Octobre. Pour la
première
fois au monde, un Etat socialiste voyait le jour. Les bourgeoisies
d'Europe
et des Etats-Unis s'unirent pour abattre les bolchéviques. De
1917
à 1921, la toute jeune Union soviétique dut faire face
à
des interventions militaires.Les camps ennemis de la Grande Guerre
s'allièrent
fraternellement dans la croisade contre le communisme. Le blocus
économique
causa des torts considérables à l'URSS.
Finalement, la guerre
d'intervention,
qui n'aboutit à rien, fut arrêtée. Le blocus
économique
fut levé, lui aussi, l'esprit commerçant l'emportant
finalement.
Mais la politique des pays occidentaux restera marquée par
l'anticommunisme
et l'antisoviétisme. Ce qui ne manquera pas d'influencer la
politique
étrangère de l'URSS jusqu'à la seconde guerre
mondiale.
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1933
| 1934
1935
| 1936
1937
| 1938
1939
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La
politique de paix de l'Union soviétique
En dépit de tout cela, l'Union
soviétique
a essayé, depuis 1933, de mettre en place un système de
défense
collective en Europe. Une première proposition soviétique
visant à conclure un pacte général au sein duquel
tous les pays européens oeuvreraient pour garantir la paix, date
de 1935. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Pologne réagirent
de façon explicitement négative. Mais l'initiative
soviétique
aboutit cependant à deux pactes bilatéraux d'assistance
mutuelle,
avec la France et avec la Tchécoslovaquie. Le régime nazi
avait en effet exprimé son ambition d'annexer des parties
importantes
de ce dernier pays.
Le 12 mars 1938, Hitler
annexe
l'Autriche. L'Union soviétique est la première à
réagir
et propose, le 17 mars, une "conférence anti-agressionniste". Il
est clair, à ce moment, que la Tchécoslovaquie sera la
prochaine
victime d'Hitler. L'Union soviétique fait savoir à la
Tchécoslovaquie
que 40 divisions armées, 4 brigades de blindés et 12
unités
d'aviations sont prêtes à intervenir en cas d'agression
allemande.
Mais le 24 mars, Chamberlain, le Premier ministre britannique, rejette
la proposition soviétique d'une conférence de paix et
refuse
de donner des garanties à la Tchécoslovaquie.
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| 1938
| 1939 |
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Munich
1938 | La France et la Grande-Bretagne apaisent Hitler avec la
Tchécoslovaquie
Les gouvernements français et
britannique
ont coulé toutes les initiatives soviétiques. Durant
toute
cette période, la politique britannique et française est
dictée par l'anticommunisme et la haine de l'Union
soviétique.
La conférence de Munich, en 1938, sera l'expression la plus
criante
de cette politique.
Dès le mois de mai
1938,
les troupes allemandes se sont rassemblées à la
frontière
tchécoslovaque. Des provocateurs allemands créent des
incidents.
Hitler menace d'intervenir. Chamberlain s'envole pour Berlin, rencontre
Hitler et ils conviennent de tenir une conférence à
Munich,
le 28 septembre. L'Union soviétique n'est même pas
invitée
à participer à cette conférence. Les Britanniques
et les Français veulent ainsi éviter que l'URSS ne se
mette
à jouer un rôle important sur la scène
internationale.
L'Etat soviétique doit être isolé, comme un paria
des
nations. Les 28 et 29 septembre, l'Allemagne, l'Italie, la France et la
Grande Bretagne se réunissent donc seuls à Munich. En
l'absence
de la Tchécoslovaquie, on décide de donner de grandes
parties
de ce pays en cadeau à Hitler. La Pologne et la Hongrie
reçoivent
aussi chacune un morceau. Ce qui reste de la Tchécoslovaquie est
entièrement à la merci des troupes allemandes. En mars
1939,
Hitler envahit les derniers morceaux de la Tchécoslovaquie.
Hitler et Chamberlain
signent
aussi un accord qui implique un pacte de non-agression entre les deux
pays.
En décembre 1938, un pacte similaire sera signé entre
l'Allemagne
et la France.
Les impérialistes
français
et britanniques ont montré à Hitler quelle voie il devait
poursuivre: vers l'Est. Ils espèrent que Hitler s'engagera dans
une guerre contre l'Union soviétique. Certains rêvent
d'une
alliance avec l'Allemagne contre le bolchévisme. D'autres savent
que l'appétit de Hitler se tournera tôt ou tard vers
l'Occident,
mais ils espèrent épuiser l'Allemagne et l'Union
soviétique
en les lançant dans une guerre. Les Britanniques
espéraient,
ainsi, pouvoir plus tard jouer aux arbitres.
Le futur président
américain,
Harry
Truman, qui aurait bien vu les USA dans le même rôle,
exprime
cette idée à sa façon, en pleine guerre:
"Si nous voyons que l'Allemagne
gagne
la guerre, alors nous devons aider la Russie et si les Russes semblent
l'emporter, alors nous devrions donner un coup de main aux Allemands.
Aidons-les
ainsi à s'entre-tuer mutuellement le plus possible" (2).
En revanche, l'Union soviétique s'en
tient
à sa politique et propose à nouveau, le 18 mars 1939, une
conférence où la Grande-Bretagne, la France, l'Union
soviétique,
la Roumanie, la Pologne et la Turquie chercheraient ensemble les moyens
de mettre fin à l'avance allemande. Mais Chamberlain estime que
c'est prématuré. |
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1939
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Sabotage
français et britannique de la politique de paix soviétique
Le 21 mars 1939, l'Allemagne remet un
ultimatum
à la Pologne. La ville polonaise de Dantzig doit être
remise
au Reich. La Pologne refuse. Le 16 avril 1939, l'Union
soviétique
propose officiellement un pacte à la France et à la
Grande-Bretagne.
Le gouvernement soviétique continue, en dépit de
l'attitude
des Français et des Britanniques, à insister pour la
création
d'un front contre les nazis. Le 11 mai, le gouvernement britannique
répond
d'abord catégoriquement "non". Mais sous la pression de
manifestations
de masse soutenues par l'opposition menée par Churchill,
Chamberlain
doit finalement accepter la proposition soviétique.
Le 31 mai, le ministre
soviétique
des Affaires étrangères, Molotov, précise les
conditions
d'un pacte avec la France et la Grande-Bretagne: le pacte doit
être
défensif, il doit impliquer l'assistance mutuelle en cas
d'agression
contre l'un des signataires et les trois signataires doivent donner des
garanties à tous les pays d'Europe centrale et orientale. Les
Soviétiques
voulaient ainsi éviter que les Britanniques et les
Français
poussent Hitler encore plus vers l'Est, en lui faisant de nouvelles
concessions,
pendant qu'ils assisteraient tranquillement au spectacle. Enfin,
Molotov,
demande des engagements concrets, y compris sur le plan militaire et la
nature de l'assistance mutuelle. Il ne se satisfait pas d'une
"déclaration
solennelle".
Le gouvernement
britannique
accepte en paroles la proposition soviétique, mais alors
commencent
les manoeuvres de retardement. La Pologne, la Roumanie, l'Estonie, la
Lettonie
et la Lituanie refusent toute garantie de la part de l'Union
soviétique.
Ils refusent aux troupes soviétiques l'accès ou la
traversée
de leur territoire. La Grande-Bretagne les soutient dans cette
attitude..
Les négociations d'un pacte éventuel sont dans l'impasse,
car l'Union soviétique est dans l'impossibilité
d'entreprendre
une action efficace contre l'Allemagne si l'Armée Rouge n'a pas
la possibilité de traverser l'un de ces pays. Molotov demande au
ministre britannique des Affaires étrangères de se rendre
à Moscou pour trouver une solution. Les Britanniques envoient
à
sa place William Strang, un diplomate de second rang, sans aucun mandat.
Dans la Pravda du 29
juin,
Andrei
Jdanov écrit:
"J'ai l'impression que les
gouvernements
britannique et français ne veulent pas signer un accord
réel
et acceptable par l'Union soviétique, mais qu'ils veulent
seulement
en parler pour démontrer, aux yeux de leur opinion publique,
l'intransigeance
de l'Union soviétique et rendre ainsi plus facile la conclusion
d'un accord avec les agresseurs".
Le 23 juillet, les Britanniques et les
Français
acceptent finalement d'entamer des négociations militaires
concrètes.Mais
une fois de plus, il envoient un militaire de troisième rang,
l'amiral
Drax. L'année précédente, Chamberlain
s'était
rendu en avion chez Hitler. Drax, lui, arrive en bateau à
vapeur...
Il ne débarque à Léningrad que le 10 août.
Le
12, les négociations commencent à Moscou. Il apparait
alors
que l'amiral Drax n'a pas de mandat officiel sur lui. Nouvelle perte de
temps. Le maréchal Vorochilov, ministre soviétique de la
Défense et chef de la délégation de son pays,
demande
aux pays occidentaux s'ils accepteront que les troupes
soviétiques
entrent en territoire polonais ou roumain en cas de conflit, pour
combattre
les troupes allemandes. Les délégations française
et britannique doivent consulter leur gouvernement. Le 17 août,
il
n'y a toujours pas de réponse. Le 19 août, le dirigeant
polonais,
le colonel Beck, fait savoir qu'il n'autorisera pas le passage des
troupes
soviétiques. Les Soviétiques en concluent finalement que
les Britanniques et les Français ne veulent pas de
véritable
négociation. |
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| 1939 |
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En
1939, la Grande-Bretagne offre le Congo en cadeau à Hitler
Un autre fait a contribué à
convaincre
les Soviétiques de la mauvaise volonté des alliés.
Dès le mois de mai 1939, les Britanniques ont cherché
à
renouer de bons contacts avec les Allemands. Le 17 juillet, une
conférence
internationale sur la pêche à la baleine débute
à
Londres. Elle servira de couverture à des négociations
secrètes
germano-britanniques.
Le 22 juillet, les journaux britanniques
annoncent
que le gouvernement de Sa Majesté octroie un prêt d'un
milliard
de Livres à l'Allemagne. Au cours des négociations
secrètes,
le négociateur britannique, Hudson, élabore un plan de
repartage
du monde entier, Chine et Union soviétique compris, entre la
Grande-Bretagne
et l'Allemagne (3). Hudson propose notamment d'offrir le Congo à
l'Allemagne (4).
Entretemps, depuis le 17
avril,
des contacts avaient été repris entre diplomates
allemands
et soviétiques en vue du renouvellement d'accords commerciaux.
Mais
les négociations avaient bien évidemment aussi une
signification
politique. Le gouvernement soviétique voulait laisser une porte
ouverte pour un accord avec l'Allemagne, afin de ne pas se retrouver
tout
à fait isolée. A partir du 20 mai, le ministre
soviétique
des Affaires étrangères retarde ces négociations,
quand l'espoir renaît d'un accord avec la France et la Grande
Bretagne.
Molotov exige des Allemands une amélioration des relations
politiques
préalablement à la poursuite des négociations
commerciales.
A partir de juillet 1939 les Allemands insistent à leur tour
pour
une normalisation des relations avec l'Union soviétique.
Le 17 août, Molotov
remet
une déclaration écrite à l'ambassadeur allemand.
Le
gouvernement soviétique y fait allusion à l'attitude
inamicale
de l'Allemagne jusqu'alors, mais se déclare prêt à
améliorer les relations si l'accord commercial et un pacte de
non-agression
son signés. Le 19 août, un nouvel accord commercial est
signé
à Berlin. Le 22 août le ministre allemand des Affaires
étrangères,
Von Ribbentrop arrive à Moscou. A l'aube du 23 août, le
pacte
de non-agression est signé.
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1939
| 1940
1941 |
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1939>1941:
préparations militaires intensives en URSS
Le pacte germano-soviétique
stipule que
les deux pays ne s'agresseront pas mutuellement, qu'ils ne soutiendront
pas des tiers qui attaqueraient l'un des deux pays et que les
différents
entre les deux pays seront réglés par des
négociations.
Aussi les commentaires histériques sur une "alliance monstrueuse
entre Hitler et Staline" sont-ils pour le moins déplacés.
Il est totalement incorrect de dire que l'Union soviétique a
"cyniquement
choisi entre une alliance avec l'Allemagne ou avec la France et la
Grande
Bretagne".
Le pacte n'est pas une
alliance.
Mis à part la préservation de la paix entre les deux
pays,
le pacte ne stipule aucun objectif commun. En particulier, il ne
prévoit
aucune forme d'assistance. Le pacte a une signification totalement
différente
de l'accord que l'Union soviétique proposait à la France
et à la Grande Bretagne dans le cadre d'un système de
sécurité
collective.
D'ailleurs, même
après
la conclusion de ce pacte, l'Union soviétique a continué
de se préparer à la guerre contre les nazis. Le
18è
congrès du PCUS avait décidé, en mars 1939, de
donner
la priorité absolue à l'industrie militaire. Le taux de
croissance
de l'industrie avait été fixé à 13%. Celui
de l'industrie militaire à 39% (5).
La préparation
militaire
avait d'ailleurs commencé en Union soviétique dès
la prise de pouvoir des nazis. A l'origine, le budget soviétique
de la défense avait été fixé pour 1934
à
1,6 milliards de roubles. Il fut ensuite élevé à 5
milliards de roubles. Ensuite, c'est la croissance constante: 6,5
milliards
en 1935, 14 milliards en 1936, jusqu'à 40 milliards en 1939. Le
gouvernement soviétique a-t-il cru, naïvement, que Hitler
allait
tenir parole?
Le pacte a-t-il
causé
des préjudices aux efforts soviétiques en matière
de défense? Les faits montrent qu'il n'en est rien. Le budget
militaire
de 1940 (après la signature du pacte) est amené à
56,1 milliards de roubles. Et le 25 février 1941, le ministre
des
Finances, Zverev, propose au Soviet suprême des crédits
militaires
de 71,9 milliards de roubles: un tiers du budget de l'Etat
soviétique(6).
Entre la signature du pacte et le début de la guerre d'agression
allemande contre l'URSS, le budget de la défense
soviétique
s'est accru de 80%. La durée du service militaire passe, en
1941,
de 2 à 4 ans (7). En même temps, on renforce la discipline
au sein de l'armée, on réintroduit les grades et on
améliore
la formation.
Au cours de la guerre il
apparaîtra
également que le gouvernement soviétique a mis à
profit
le répit offert par le pacte pour mettre en place des
unités
de partisans qui causeront des pertes énormes aux forces nazies.
On élabore un gigantesque plan de transfert de l'industrie de
l'ouest
vers l'Oural. En application de ce plan, 1.523 entreprises
industrielles
seront transférées vers l'Est au cours des cinq premiers
mois de la guerre. Pour le transport des seules 500 entreprises
moscovites,
71.000 wagons de chemin de fer ont été utilisés
(8).
Et ce ne sont là
que
les mesures les plus importantes. D'une manière
générale,
après la conclusion du pacte, le gouvernement soviétique
a préparé de manière effrénée la
population
à la perspective d'une guerre. Il n'y avait pas le moindre doute
sur le fait que la menace venait de Berlin. Fin décembre 1940,
les
officiers supérieurs de l'Armée Rouge mènent un
exercice
de simulation sur carte.
A ce sujet, Zoukov,
le chef du Quartier Général de l'Armée Rouge,
écrit
dans ses mémoires:
"La stratégie reposait
sur la supposition
que nos frontières occidentales étaient attaquées
par l'Allemagne. En prévision de l'exercice, le Quartier
Général
avait rassemblé une documentation détaillée sur
les
récentes opérations des Allemands en Europe" (9).
Le gouvernement soviétique voulait
retarder
le plus possible la guerre avec l'Allemagne, afin de préparer le
pays le mieux possible. |
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Le
Pacte était la seule solution pour les Soviétiques
Toute la diplomatie soviétique
durant l'avant-guerre
avait eu pour but d'unir le plus de forces possibles contre l'Allemagne
nazie, l'Italie fasciste et le Japon. La politique britannique et
française
était dictée en premier lieu par un anticommunisme et un
antisoviétisme profondément ancré. Joseph Davies,
ambassadeur américain à Moscou de 1936 à 1938,
écrit:
"L'Angleterre et la France semblent faire exactement le contraire de ce
qu'on fait ici (à Moscou, ndlr) et la politique suivie par ces
deux
pays a favorisé les desseins de l'Allemagne nazie et de l'Italie
fasciste. L'Union soviétique se trouve rapidement poussée
vers un isolement complet..." (10).
La France et la Grande
Bretagne
ont donne carte blanche à l'Allemagne pour ses agressions en
Autriche,
en Tchécoslovaquie et en Pologne, dans l'espoir de pousser
Hitler
toujours plus vers l'Est. Ce faisant ils n'ont fait qu'encourager la
politique
agressive des nazis. L'Union soviétique, elle, voulait
éviter
à tout prix de se retrouver seule face à la machine de
guerre
allemande.
Les dirigeants
soviétiques
ont essayé d'abord de briser l'isolement en proposant des pactes
d'assistance mutuelle à l'Angleterre et à la France. Mais
les gouvernements français et britannique ont toujours
refusé.
De plus, fin 1939,
l'Union
soviétique n'était pas encore prête pour une
confrontation.
Durant la période entre la signature du pacte
germano-soviétique
et l'invasion allemande en URSS (en 1941), l'Union soviétique a
fourni un effort surhumain pour améliorer son appareil militaire.
Le pacte a
profondément
bouleversé les plans des impérialistes français et
britanniques. Il a permi à l'URSS de briser l'isolement. Il a
mis
un terme à l'espoir de pousser Hitler vers l'Est au moyen de
concessions.
Le refus des
impérialistes
britanniques et français d'organiser une défense
collective
contre l'agression ne laissait guère de choix aux
Soviétiques:
il fallait rester le plus longtemps possible en dehors de la guerre et
éviter de se retrouver nez à nez avec Hitler.
Voilà
la signification du Pacte. Voilà pourquoi il était un
épisode
nécessaire.
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(1) Lieven Soete, "Het
Sovjet-Duitse
niet-aanvalspact van 23 augustus 1939. Politieke zeden in het
interbellum."
(Le pacte de non-agression germano-soviétique Meurs politiques
dans
l'entre-deux guerres), éditions EPO, Berchem, 1989.
(2) New York Times, 24 juillet 1941
(3) Lieven Soete, o.c., p. 212
(4) Soviet Peace Efforts on the Eve of
World
War II, Novosti, Moscou 1973, p. 439
(5) Lieven Soete, o.c., p 295
(6) André Pierre, Staline contre
Hitler,
Editions du Stock, Paris 1945, p. 40
(7) André Pierre, o.c., p. 51
(8) Lieven Soete, o.c., p. 296
(9) Cité par Lieven Soete, o.c.,
p. 296-297
(10) Joseph Davies, Mission à
Moscou,
Editions de l'arbre, Montréal 1944, p. 264 |
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