Texte original dans Solidaire n° 31 - 18/08/1989
Rédaction de cette page-web: Lieven Soete, Brussels, Belgium
Update: 06-12-2002 | 20-02-2008
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  L'Union soviétique dans la Deuxième Guerre mondiale
Partie 1

  1.Le pacte de non-agression entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie du 23 août 1939 | Un répit indispensable pour l'URSS

Contenu
  • L'histoire commence avec la fin de la première guerre mondiale
  • La politique de paix de l'Union soviétique
  • Munich 1938 | La France et la Grande-Bretagne apaisent Hitler avec la Tchécoslovaquie
  • Sabotage français et britannique de politique de paix soviétique
  • En 1939, la Grande-Bretagne offre le Congo en cadeau à Hitler
  • 1939>1941: Préparations militaires intensives en URSS
  • Le Pacte était la seule solution pour les Soviétiques



  • Rares sont les faits historiques qui ont donné lieu à autant de commentaires anticommunistes hystériques que le pacte de non-agression, conclu le 23 août 1939 entre l'Allemagne nazie et l'Union soviétique. Mais ces commentateurs ont pris pas mal de libertés avec la vérité historique. C'est en tout cas ce qui ressort d'un livre que viennent de publier les éditions EPO (1).
        L'auteur, Lieven Soete, reconstitue, morceau par morceau, l'histoire diplomatique de l'entre-deux guerres et montre comment les impérialistes français et britanniques ont tenté d'exclure l'Union soviétique de la communauté internationale et ont poussé Hitler à assouvir sa soif de conquêtes en direction de l'Est. Le livre retrace tous les événements importants qui ont finalement abouti à la signature du pacte. Il rend possible une analyse objective et une réponse à ceux qui parlent du "pacte monstrueux".
    Les dates dans cette marge à gauche font un lien vers: 
    «Synchronisch overzicht van de belangrijkste gebeurtenissen binnen de CPSU(b), in de Sovjetunie en in de omringende landen» [en néerlandais] par Lieven Soete
       
     
     
    1919 | 1920
    1921


    L'occupation allemande en Russie pendant la Première Guerre mondiale
    »»» Carte


    Voir Ludo Martens dans «Etudes Marxistes» n° 30 | 1996 «La Première Guerre mondiale, la révolution d'Octobre et les socialistes belges»
    »»» Texte
      L'histoire commence avec la fin de la première guerre mondiale

    Celle-ci est en effet, à de nombreux égards, la cause directe de pas mal d'événements avant et pendant la deuxième guerre. L'Allemagne avait perdu ses colonies et avait été reléguée à un rôle de puissance de second rang. La montée du nazisme exprimait la volonté de la bourgeoisie allemande de reconquérir sa place sur le marché mondial.
        Mais le première guerre se termina aussi avec la Révolution d'Octobre. Pour la première fois au monde, un Etat socialiste voyait le jour. Les bourgeoisies d'Europe et des Etats-Unis s'unirent pour abattre les bolchéviques. De 1917 à 1921, la toute jeune Union soviétique dut faire face à des interventions militaires.Les camps ennemis de la Grande Guerre s'allièrent fraternellement dans la croisade contre le communisme. Le blocus économique causa des torts considérables à l'URSS.
        Finalement, la guerre d'intervention, qui n'aboutit à rien, fut arrêtée. Le blocus économique fut levé, lui aussi, l'esprit commerçant l'emportant finalement. Mais la politique des pays occidentaux restera marquée par l'anticommunisme et l'antisoviétisme. Ce qui ne manquera pas d'influencer la politique étrangère de l'URSS jusqu'à la seconde guerre mondiale.

     
     
    1933 | 1934
    1935 | 1936
    1937 | 1938
    1939
      La politique de paix de l'Union soviétique

    En dépit de tout cela, l'Union soviétique a essayé, depuis 1933, de mettre en place un système de défense collective en Europe. Une première proposition soviétique visant à conclure un pacte général au sein duquel tous les pays européens oeuvreraient pour garantir la paix, date de 1935. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Pologne réagirent de façon explicitement négative. Mais l'initiative soviétique aboutit cependant à deux pactes bilatéraux d'assistance mutuelle, avec la France et avec la Tchécoslovaquie. Le régime nazi avait en effet exprimé son ambition d'annexer des parties importantes de ce dernier pays.
        Le 12 mars 1938, Hitler annexe l'Autriche. L'Union soviétique est la première à réagir et propose, le 17 mars, une "conférence anti-agressionniste". Il est clair, à ce moment, que la Tchécoslovaquie sera la prochaine victime d'Hitler. L'Union soviétique fait savoir à la Tchécoslovaquie que 40 divisions armées, 4 brigades de blindés et 12 unités d'aviations sont prêtes à intervenir en cas d'agression allemande. Mais le 24 mars, Chamberlain, le Premier ministre britannique, rejette la proposition soviétique d'une conférence de paix et refuse de donner des garanties à la Tchécoslovaquie.

     
     
    1938 | 1939   Munich 1938 | La France et la Grande-Bretagne apaisent Hitler avec la Tchécoslovaquie

    Les gouvernements français et britannique ont coulé toutes les initiatives soviétiques. Durant toute cette période, la politique britannique et française est dictée par l'anticommunisme et la haine de l'Union soviétique. La conférence de Munich, en 1938, sera l'expression la plus criante de cette politique.
        Dès le mois de mai 1938, les troupes allemandes se sont rassemblées à la frontière tchécoslovaque. Des provocateurs allemands créent des incidents. Hitler menace d'intervenir. Chamberlain s'envole pour Berlin, rencontre Hitler et ils conviennent de tenir une conférence à Munich, le 28 septembre. L'Union soviétique n'est même pas invitée à participer à cette conférence. Les Britanniques et les Français veulent ainsi éviter que l'URSS ne se mette à jouer un rôle important sur la scène internationale. L'Etat soviétique doit être isolé, comme un paria des nations. Les 28 et 29 septembre, l'Allemagne, l'Italie, la France et la Grande Bretagne se réunissent donc seuls à Munich. En l'absence de la Tchécoslovaquie, on décide de donner de grandes parties de ce pays en cadeau à Hitler. La Pologne et la Hongrie reçoivent aussi chacune un morceau. Ce qui reste de la Tchécoslovaquie est entièrement à la merci des troupes allemandes. En mars 1939, Hitler envahit les derniers morceaux de la Tchécoslovaquie.
        Hitler et Chamberlain signent aussi un accord qui implique un pacte de non-agression entre les deux pays. En décembre 1938, un pacte similaire sera signé entre l'Allemagne et la France.
        Les impérialistes français et britanniques ont montré à Hitler quelle voie il devait poursuivre: vers l'Est. Ils espèrent que Hitler s'engagera dans une guerre contre l'Union soviétique. Certains rêvent d'une alliance avec l'Allemagne contre le bolchévisme. D'autres savent que l'appétit de Hitler se tournera tôt ou tard vers l'Occident, mais ils espèrent épuiser l'Allemagne et l'Union soviétique en les lançant dans une guerre. Les Britanniques espéraient, ainsi, pouvoir plus tard jouer aux arbitres.
        Le futur président américain, Harry Truman, qui aurait bien vu les USA dans le même rôle, exprime cette idée à sa façon, en pleine guerre:

    "Si nous voyons que l'Allemagne gagne la guerre, alors nous devons aider la Russie et si les Russes semblent l'emporter, alors nous devrions donner un coup de main aux Allemands. Aidons-les ainsi à s'entre-tuer mutuellement le plus possible" (2).
    En revanche, l'Union soviétique s'en tient à sa politique et propose à nouveau, le 18 mars 1939, une conférence où la Grande-Bretagne, la France, l'Union soviétique, la Roumanie, la Pologne et la Turquie chercheraient ensemble les moyens de mettre fin à l'avance allemande. Mais Chamberlain estime que c'est prématuré.
     
     
    1939
      Sabotage français et britannique de la politique de paix soviétique

    Le 21 mars 1939, l'Allemagne remet un ultimatum à la Pologne. La ville polonaise de Dantzig doit être remise au Reich. La Pologne refuse. Le 16 avril 1939, l'Union soviétique propose officiellement un pacte à la France et à la Grande-Bretagne. Le gouvernement soviétique continue, en dépit de l'attitude des Français et des Britanniques, à insister pour la création d'un front contre les nazis. Le 11 mai, le gouvernement britannique répond d'abord catégoriquement "non". Mais sous la pression de manifestations de masse soutenues par l'opposition menée par Churchill, Chamberlain doit finalement accepter la proposition soviétique.
        Le 31 mai, le ministre soviétique des Affaires étrangères, Molotov, précise les conditions d'un pacte avec la France et la Grande-Bretagne: le pacte doit être défensif, il doit impliquer l'assistance mutuelle en cas d'agression contre l'un des signataires et les trois signataires doivent donner des garanties à tous les pays d'Europe centrale et orientale. Les Soviétiques voulaient ainsi éviter que les Britanniques et les Français poussent Hitler encore plus vers l'Est, en lui faisant de nouvelles concessions, pendant qu'ils assisteraient tranquillement au spectacle. Enfin, Molotov, demande des engagements concrets, y compris sur le plan militaire et la nature de l'assistance mutuelle. Il ne se satisfait pas d'une "déclaration solennelle".
        Le gouvernement britannique accepte en paroles la proposition soviétique, mais alors commencent les manoeuvres de retardement. La Pologne, la Roumanie, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie refusent toute garantie de la part de l'Union soviétique. Ils refusent aux troupes soviétiques l'accès ou la traversée de leur territoire. La Grande-Bretagne les soutient dans cette attitude.. Les négociations d'un pacte éventuel sont dans l'impasse, car l'Union soviétique est dans l'impossibilité d'entreprendre une action efficace contre l'Allemagne si l'Armée Rouge n'a pas la possibilité de traverser l'un de ces pays. Molotov demande au ministre britannique des Affaires étrangères de se rendre à Moscou pour trouver une solution. Les Britanniques envoient à sa place William Strang, un diplomate de second rang, sans aucun mandat.
        Dans la Pravda du 29 juin, Andrei Jdanov écrit:

    "J'ai l'impression que les gouvernements britannique et français ne veulent pas signer un accord réel et acceptable par l'Union soviétique, mais qu'ils veulent seulement en parler pour démontrer, aux yeux de leur opinion publique, l'intransigeance de l'Union soviétique et rendre ainsi plus facile la conclusion d'un accord avec les agresseurs".
    Le 23 juillet, les Britanniques et les Français acceptent finalement d'entamer des négociations militaires concrètes.Mais une fois de plus, il envoient un militaire de troisième rang, l'amiral Drax. L'année précédente, Chamberlain s'était rendu en avion chez Hitler. Drax, lui, arrive en bateau à vapeur... Il ne débarque à Léningrad que le 10 août. Le 12, les négociations commencent à Moscou. Il apparait alors que l'amiral Drax n'a pas de mandat officiel sur lui. Nouvelle perte de temps. Le maréchal Vorochilov, ministre soviétique de la Défense et chef de la délégation de son pays, demande aux pays occidentaux s'ils accepteront que les troupes soviétiques entrent en territoire polonais ou roumain en cas de conflit, pour combattre les troupes allemandes. Les délégations française et britannique doivent consulter leur gouvernement. Le 17 août, il n'y a toujours pas de réponse. Le 19 août, le dirigeant polonais, le colonel Beck, fait savoir qu'il n'autorisera pas le passage des troupes soviétiques. Les Soviétiques en concluent finalement que les Britanniques et les Français ne veulent pas de véritable négociation.
         
    1939   En 1939, la Grande-Bretagne offre le Congo en cadeau à Hitler

    Un autre fait a contribué à convaincre les Soviétiques de la mauvaise volonté des alliés. Dès le mois de mai 1939, les Britanniques ont cherché à renouer de bons contacts avec les Allemands. Le 17 juillet, une conférence internationale sur la pêche à la baleine débute à Londres. Elle servira de couverture à des négociations secrètes germano-britanniques.
    Le 22 juillet, les journaux britanniques annoncent que le gouvernement de Sa Majesté octroie un prêt d'un milliard de Livres à l'Allemagne. Au cours des négociations secrètes, le négociateur britannique, Hudson, élabore un plan de repartage du monde entier, Chine et Union soviétique compris, entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne (3). Hudson propose notamment d'offrir le Congo à l'Allemagne (4).
        Entretemps, depuis le 17 avril, des contacts avaient été repris entre diplomates allemands et soviétiques en vue du renouvellement d'accords commerciaux. Mais les négociations avaient bien évidemment aussi une signification politique. Le gouvernement soviétique voulait laisser une porte ouverte pour un accord avec l'Allemagne, afin de ne pas se retrouver tout à fait isolée. A partir du 20 mai, le ministre soviétique des Affaires étrangères retarde ces négociations, quand l'espoir renaît d'un accord avec la France et la Grande Bretagne. Molotov exige des Allemands une amélioration des relations politiques préalablement à la poursuite des négociations commerciales. A partir de juillet 1939 les Allemands insistent à leur tour pour une normalisation des relations avec l'Union soviétique.
        Le 17 août, Molotov remet une déclaration écrite à l'ambassadeur allemand. Le gouvernement soviétique y fait allusion à l'attitude inamicale de l'Allemagne jusqu'alors, mais se déclare prêt à améliorer les relations si l'accord commercial et un pacte de non-agression son signés. Le 19 août, un nouvel accord commercial est signé à Berlin. Le 22 août le ministre allemand des Affaires étrangères, Von Ribbentrop arrive à Moscou. A l'aube du 23 août, le pacte de non-agression est signé.

     
     
    1939 | 1940
    1941
      1939>1941: préparations militaires intensives en URSS

    Le pacte germano-soviétique stipule que les deux pays ne s'agresseront pas mutuellement, qu'ils ne soutiendront pas des tiers qui attaqueraient l'un des deux pays et que les différents entre les deux pays seront réglés par des négociations. Aussi les commentaires histériques sur une "alliance monstrueuse entre Hitler et Staline" sont-ils pour le moins déplacés. Il est totalement incorrect de dire que l'Union soviétique a "cyniquement choisi entre une alliance avec l'Allemagne ou avec la France et la Grande Bretagne".
        Le pacte n'est pas une alliance. Mis à part la préservation de la paix entre les deux pays, le pacte ne stipule aucun objectif commun. En particulier, il ne prévoit aucune forme d'assistance. Le pacte a une signification totalement différente de l'accord que l'Union soviétique proposait à la France et à la Grande Bretagne dans le cadre d'un système de sécurité collective.
        D'ailleurs, même après la conclusion de ce pacte, l'Union soviétique a continué de se préparer à la guerre contre les nazis. Le 18è congrès du PCUS avait décidé, en mars 1939, de donner la priorité absolue à l'industrie militaire. Le taux de croissance de l'industrie avait été fixé à 13%. Celui de l'industrie militaire à 39% (5).
        La préparation militaire avait d'ailleurs commencé en Union soviétique dès la prise de pouvoir des nazis. A l'origine, le budget soviétique de la défense avait été fixé pour 1934 à 1,6 milliards de roubles. Il fut ensuite élevé à 5 milliards de roubles. Ensuite, c'est la croissance constante: 6,5 milliards en 1935, 14 milliards en 1936, jusqu'à 40 milliards en 1939. Le gouvernement soviétique a-t-il cru, naïvement, que Hitler allait tenir parole?
        Le pacte a-t-il causé des préjudices aux efforts soviétiques en matière de défense? Les faits montrent qu'il n'en est rien. Le budget militaire de 1940 (après la signature du pacte) est amené à 56,1 milliards de roubles. Et le 25 février 1941, le ministre des Finances, Zverev, propose au Soviet suprême des crédits militaires de 71,9 milliards de roubles: un tiers du budget de l'Etat soviétique(6). Entre la signature du pacte et le début de la guerre d'agression allemande contre l'URSS, le budget de la défense soviétique s'est accru de 80%. La durée du service militaire passe, en 1941, de 2 à 4 ans (7). En même temps, on renforce la discipline au sein de l'armée, on réintroduit les grades et on améliore la formation.
        Au cours de la guerre il apparaîtra également que le gouvernement soviétique a mis à profit le répit offert par le pacte pour mettre en place des unités de partisans qui causeront des pertes énormes aux forces nazies. On élabore un gigantesque plan de transfert de l'industrie de l'ouest vers l'Oural. En application de ce plan, 1.523 entreprises industrielles seront transférées vers l'Est au cours des cinq premiers mois de la guerre. Pour le transport des seules 500 entreprises moscovites, 71.000 wagons de chemin de fer ont été utilisés (8).
        Et ce ne sont là que les mesures les plus importantes. D'une manière générale, après la conclusion du pacte, le gouvernement soviétique a préparé de manière effrénée la population à la perspective d'une guerre. Il n'y avait pas le moindre doute sur le fait que la menace venait de Berlin. Fin décembre 1940, les officiers supérieurs de l'Armée Rouge mènent un exercice de simulation sur carte.
        A ce sujet, Zoukov, le chef du Quartier Général de l'Armée Rouge, écrit dans ses mémoires:

    "La stratégie reposait sur la supposition que nos frontières occidentales étaient attaquées par l'Allemagne. En prévision de l'exercice, le Quartier Général avait rassemblé une documentation détaillée sur les récentes opérations des Allemands en Europe" (9).
    Le gouvernement soviétique voulait retarder le plus possible la guerre avec l'Allemagne, afin de préparer le pays le mieux possible.
     
     

      Le Pacte était la seule solution pour les Soviétiques

    Toute la diplomatie soviétique durant l'avant-guerre avait eu pour but d'unir le plus de forces possibles contre l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et le Japon. La politique britannique et française était dictée en premier lieu par un anticommunisme et un antisoviétisme profondément ancré. Joseph Davies, ambassadeur américain à Moscou de 1936 à 1938, écrit: "L'Angleterre et la France semblent faire exactement le contraire de ce qu'on fait ici (à Moscou, ndlr) et la politique suivie par ces deux pays a favorisé les desseins de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste. L'Union soviétique se trouve rapidement poussée vers un isolement complet..." (10).
        La France et la Grande Bretagne ont donne carte blanche à l'Allemagne pour ses agressions en Autriche, en Tchécoslovaquie et en Pologne, dans l'espoir de pousser Hitler toujours plus vers l'Est. Ce faisant ils n'ont fait qu'encourager la politique agressive des nazis. L'Union soviétique, elle, voulait éviter à tout prix de se retrouver seule face à la machine de guerre allemande.
        Les dirigeants soviétiques ont essayé d'abord de briser l'isolement en proposant des pactes d'assistance mutuelle à l'Angleterre et à la France. Mais les gouvernements français et britannique ont toujours refusé.
        De plus, fin 1939, l'Union soviétique n'était pas encore prête pour une confrontation. Durant la période entre la signature du pacte germano-soviétique et l'invasion allemande en URSS (en 1941), l'Union soviétique a fourni un effort surhumain pour améliorer son appareil militaire.
        Le pacte a profondément bouleversé les plans des impérialistes français et britanniques. Il a permi à l'URSS de briser l'isolement. Il a mis un terme à l'espoir de pousser Hitler vers l'Est au moyen de concessions.
        Le refus des impérialistes britanniques et français d'organiser une défense collective contre l'agression ne laissait guère de choix aux Soviétiques: il fallait rester le plus longtemps possible en dehors de la guerre et éviter de se retrouver nez à nez avec Hitler. Voilà la signification du Pacte. Voilà pourquoi il était un épisode nécessaire.

     
     

      (1) Lieven Soete, "Het Sovjet-Duitse niet-aanvalspact van 23 augustus 1939. Politieke zeden in het interbellum." (Le pacte de non-agression germano-soviétique Meurs politiques dans l'entre-deux guerres), éditions EPO, Berchem, 1989.
    (2) New York Times, 24 juillet 1941
    (3) Lieven Soete, o.c., p. 212
    (4) Soviet Peace Efforts on the Eve of World War II, Novosti, Moscou 1973, p. 439
    (5) Lieven Soete, o.c., p 295
    (6) André Pierre, Staline contre Hitler, Editions du Stock, Paris 1945, p. 40
    (7) André Pierre, o.c., p. 51
    (8) Lieven Soete, o.c., p. 296
    (9) Cité par Lieven Soete, o.c., p. 296-297
    (10) Joseph Davies, Mission à Moscou, Editions de l'arbre, Montréal 1944, p. 264